Discours de Vincent Peillon lors de la clôture de l'Université du NPS

Publié le par David

Voici le discours de mon camarade Vincent Peillon lors de l'Université du NPS à Saint Nazaire.

"Cher (e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

 

 

 

 

Je voudrais d?abord remercier, en votre nom à tous,  l?équipe de nos camarades de Saint Nazaire, et plus globalement de Loire-atlantique, autour de Christophe Cotta, qui a permis l?organisation de cette université de rentrée. C?est un énorme travail, c?est un travail réussi. Merci à tous.

 

Un mot de remerciement aussi pour l?équipe nationale, tout particulièrement pour Julie. Ce n?est pas toujours facile de gérer notre troupe, turbulente, mais ça vaut le coup. Merci Julie.

 

Dans le moment particulier où nous nous trouvons, devant le choix que nous avons à faire, je voudrai d?abord revenir, comme vient de le faire justement Benoît, sur notre identité et notre histoire, celle du NPS, non pas par égotisme de courant ou passion de l?archive, mais parce qu?il faut des cohérences politiques, et que cela peut être utile pour nous aider à choisir collectivement. C?est  ce moment et ce choix dont je vous parlerai ensuite. Puis je dirai  quelques mots de ce qui me semble être les enjeux de l?avenir, les enjeux de demain, ce qui est sans doute l?essentiel.

 

Le 21 avril 2002. Ce n?est pas un mot-valise, ce n?est pas une étiquette commode, ce n?est pas une référence mécanique, aveugle, obligée. C?est un séisme dans notre histoire. C?est plus qu?un évènement, c?est un avènement, une blessure profonde à la peau de notre histoire, une blessure qui n?est pas cicatrisée, et nous devons nous y affronter. La gauche, notre gauche, c?est d?abord le combat contre la haine fasciste, xénophobe, antisémite, raciste, ce sont les combats contre l?esclavage, Schoelcher, Blanc, les congrès de la paix et les Etats-Unis d?Europe, l?affaire Dreyfus, les comités de vigilance, les maquis, le conseil national de la résistance la lutte anticoloniale. Cela touche au plus intime, au plus puissant, au c?ur, au granit, à la lave de notre engagement républicain et socialiste. Nous avons vu monter, depuis 1983, le phénomène Front national, mais nous ne pensions pas qu?après cinq années d?une législature où nous n?avions pas démérité nous nous trouverions devant l?élimination de notre candidat, absent du second tour, et que c?est le candidat de la haine, de l?abjection raciste qui  y serait présent, porté par un électorat populaire, celui du gaucho-lepénisme. Et c?est pourquoi il nous fallait réagir. C?est en réaction à ce séisme que le NPS est né. Il n?est pas né tout de suite, comme Nouveau Monde. Nous avons attendu plusieurs mois. J?ai d?abord essayé, comme Porte-Parole du PS, de convaincre François Hollande de proposer que ce soit tout le Ps qui réagisse en tirant pleinement les leçons et en accomplissant sa mue. Je n?ai pas, ni moi ni d?autres, réussi à le convaincre, et il a choisi une autre stratégie, celle d?unir de façon défensive les futurs candidats que nous voyons s?ébrouer gaiement aujourd?hui, amis de Jack Lang, d?Aubry , de Jospin, de Fabius, de Dominique Stauss Kahn dans une unité conservatoire et défensive. Je pense que ce fut un mauvais choix, et que ce qui n?a pas été fait hier devra tout de même, parce que l?histoire est obstinée, têtue, et que lorsqu?elle pose des questions elle les  repose jusqu?à obtenir des réponses, être fait demain. Je pense aussi que la situation curieuse que nous vivons aujourd?hui résulte de ce choix.

 

Dés lors, le NPS est né avec une tripe détermination : une orientation politique, l?ancrage à gauche et la rénovation ; un choix stratégique, non pas constituer l?énième courant de gauche mais afficher une vocation majoritaire ; une ambition intellectuelle, permettre le dépassement de l?alternative sinistrisme-archaïsme// modernité-dérive libérale,  qui divise le parti depuis 1905 et le condamne à une compulsion de répétition assez désolante

 

Une orientation politique. L?ancrage à gauche. Ce n?est pas pour nous une question de posture. Le petit jeu qui a toujours eu lieu à l?intérieur de notre parti, et maintenant même à l?intérieur des courants, de savoir qui est le plus à gauche, est assez dérisoire si on le juge au tribunal des actes des uns et des autres, bref des réalités, ce qui en politique n?est pas toujours inutile. Mais il s?agit là de la réponse à la question déjà posée par l?analyse du 21 avril, et qui demeure centrale aujourd?hui, celle de la reconquête des couches populaires, avec la question qui lui est liée, et qui est au c?ur du débat qui nous anime, celle du populisme. Notre réponse, et je vous demande de bien vouloir relire le texte d?appel à la fondation du NPS que j?avais signé avec Arnaud Montebourg et Julien Dray, tenait en quatre points :

 

D?abord, la revalorisation du travail, de la valeur travail. Comme quoi, vous voyez, ce n?est pas nouveau, et pas tant de droite que je l?entends. Revalorisation du travail pour nous cela veut dire : rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée en faveur du travail et donc politique salariale, lutte contre la précarité, renforcement des droits des salariés, nouveaux droits avec la sécurité  sociale professionnelle, et la vraie réforme de la formation professionnelle ;

 

ensuite, deuxième orientation, celle de la rénovation démocratique, avec la VI république, le renforcement de la démocratie sociale pour avoir des partenaires sociaux forts et une négociation revivifiée, une démocratie locale approfondie, une décentralisation simplifiée et relancée ;

 

notre troisième point concernait la crise des valeurs, la question de l?autorité républicaine et de l?esprit public, la bataille idéologique qu?il nous faut conduire contre la droite en assumant non pas la dérive libérale-libertaire mais les valeurs autour desquelles nous avons construit la république, en particulier la laïcité, qui n?est pas seulement tolérance, neutralité, mais un ensemble de valeurs qu?il faut porter, une laïcité positive, militante. La gauche, ce n?est pas le désordre, et c?est trop facile à la droite de le laisser croire. Dans un très beau texte, publié dans sa revue d?exil, en 1850, intitulée Le Nouveau Monde, Louis Blanc montrait comment la droite battait les socialistes, à la campagne et dans les milieux populaires, en faisant croire qu?ils incarnaient la paresse, la fin de la famille et le désordre. C?est une vieille affaire, et il ne faut pas être trop naïf en ces questions.

 

Enfin, notre quatrième point concernait la réorientation de la construction européenne pour qu?elle ne soit pas seulement le cheval de Troie de la dérégulation libérale et l?émergence de régulations sociales, environnementales, démocratiques au plan mondial. Voilà les quatre points de notre carré magique. Voilà ce que signifie pour nous l?ancrage à gauche. Ce n?est pas une posture. Ce sont des analyses et des propositions précises pour agir dans le monde tel qu?il est, dans l?Europe telle qu?elle est, dans la France d?aujourd?hui. Et si vous regardez maintenant le Projet socialiste, celui que nous portons tous ensemble, vous pourrez vous dire que finalement ce n?était pas tout à fait inutile d?avoir porté ces analyses et ces propositions, d?avoir porté des motions à Dijon puis au Mans, d?avoir défendu nos analyses dans le référendum interne sur le Traité constitutionnel.

 

Et le deuxième aspect de notre orientation, la deuxième jambe du NPS, c?est la rénovation. La rénovation ce n?est pas un concours de belles gueules ou je ne sais quel gadget de communication. C?est un sujet de fond qui mérite mieux qu?une moquerie.  C?est d?abord refuser les angles morts, non pas les territoires perdues mais les questions tues de la République , lever la chape de plomb qui pèse sur les débats en notre sein, ouvrir grand les portes et les fenêtres du PS. Cela veut dire poser d?autres questions, essayé de poser les mêmes questions autrement, et le compte n?y est pas. C?est faire entrer dans le débat politique des questions qui sont dans tous les esprits, dans toutes les préoccupations, mais qui en sont encore absentes : débat, pour commencer, sur l?eau, sur l?énergie, sur le réchauffement climatique. De ce point de vue, la contribution du NPS au diagnostic qui avait précédé le projet est un des meilleurs textes que nous ayons produit ensemble.

 

Ensuite, c?est précisément faire en sorte que notre parti ressemble plus à la réalité de la société française, et c?est un grand chantier qui vient d?être ouvert, où nous avons joué notre rôle d?aiguillon, et qui est loin d?être accompli.

 

Enfin, et c?est déterminant. La gauche a, depuis 1981, gouverné 15 ans, 15 ans sur 25, et il serait bien présomptueux d?imputer nos insuffisances ou nos échecs à l?absence de volonté ou de conviction de nos prédécesseurs. Je ne sonde ni les c?urs ni les reins, mais je ne crois pas que Pierre Mauroy ou Lionel Jospin, par exemple, soit moins volontaires qu?aucun d?entre nous. Donc la question n?est ni celle des objectifs, toujours les mêmes, toujours généreux, ni celle des personnes : elle est celle des instruments de l?action politique. Et avec l?idée de la VI république, politique, mais aussi sociale, locale, c?est cette question des instruments et des outils de l?action qui est posée. Nous ne pourrons pas conduire des politiques de gauche avec des instruments qui ont été conçus et construits pour conduire des politiques de droite. Là aussi, il faut le reconnaître, nos analyses et nos propositions ont progressé dans le Parti.

 

 

Voilà l?orientation politique qui est la notre depuis l?origine, celle qui est encore la notre aujourd?hui, celle que nous devons continuer de faire vivre ensemble. Comme on le voit, nous pouvons être utiles, voire décisifs, et  notre tâche historique est loin d?être accomplie.

 

Je disais à l?instant que notre volonté a été d?ouvrir les portes et les fenêtres du PS : attention de ne pas, à l?inverse, refermer celles du NPS. Soyons toujours en mouvement.

Pourquoi je vous dis cela.

 

Car le NPS, ce n?est pas seulement une orientation politique, je viens de la rappeler, c?est aussi une stratégie politique. Je voudrais en dire maintenant quelques mots.

 

Il y a toujours eu, dans le PS, des courants de gauche, entre 10 et 30 % des voix. C?est un choix possible. Notre histoire enseigne pourtant, dans la durée, que ces courants servent le plus souvent de caution dans les périodes d?opposition et de reconquête, se font absorber au pouvoir et échouent alors à imposer leurs vues. Généralement, ils dépérissent, éclatent, se sectarisent ou scissionnent. C?est pourquoi notre volonté a été non pas de créer, d?occuper ou de gérer une part de marché, mais que nous avons bien indiqué dés le début que nous souhaitions entraîner tout le PS, le conduire tout entier à bouger. C?est pourquoi notre vocation est toujours d?être majoritaire. Non pas nous replier sur nous-mêmes, faire la leçon aux autres, jouer je ne sais quelles sentinelles ou je ne sais quelles vigies, non pas prophétiser tous les malheurs qui nous guettent, mais peser, construire, entraîner.

 

Enfin, cette orientation politique et cette stratégie s?appuient sur une ambition idéologique puissante qui nous ramène à l?histoire de la SFIO dont nous venons de célébrer, assez médiocrement d?ailleurs du point de vue de la réflexion profonde, le centenaire. Car depuis 1905, lorsque Jaurès a rendu les armes à Guesde pour faire l?unité, nous vivons cette alternance de discours de rupture et de pratique opportuniste. Amicalement, presque affectueusement, je voudrais dire à notre ami Mathieu Klein qu?il devrait veiller, lui qui est si moderne, a ne pas ressusciter la vieille SFIO. Certes, il faut donner de la voix ici contre Arnaud Montebourg et Ségolène Royal pour se faire applaudir des jeunes camarades présents dans la salle. Mais il faudrait aussi te souvenir que lorsque tu as fait ta belle campagne législative les deux camarades que tu avais sollicité pour te soutenir et te porter auprès des électeurs, c?étaient précisément Arnaud Montebourg et Ségolène Royal ! Un discours dans sa circonscription, un autre dans les salles de congrès, on a connu ça, évitons de recommencer !

Prenons d?ailleurs l?engagement entre nous, on ne sait pas de quoi demain sera fait, que même si nous ne sommes plus sur les mêmes tribunes, nous ne nous ferons pas siffler les uns les autres. Croyez-moi, il y a assez de responsables politiques de droite, Sarko,Villepin, De Villiers, Le Pen à siffler pour s?économiser entre nous. Mais je reviens à mon propos. Si l?on veut dépasser l?impossible rénovation du socialisme français, l?échec de Jaurès, de Blum, de Mayer, de Mendès et d?autres plus récemment, il faudra renouer, par delà Marx, avec le socialisme français, celui de 48 ; de Leroux, Blanc, de Malon, auxquels Jaurès devait tant. On trouve alors les éléments d?une nouvelle synthèse dont nous devons être aujourd?hui les porteurs.

 

Voilà ce que nous sommes, ce que nous devons garder à l?esprit pour faire nos choix, ce qui doit nous guider encore pour l?avenir : une orientation politique, un choix stratégique, une ambition idéologique. Et nous avons aussi, depuis quatre ans, une histoire. Cette histoire, ce n?est pas seulement des évènements qui se succèdent, c?est un sens qui se déploie. Essayons d?en tirer quelques enseignements.

 

Je discerne plusieurs moments : le choix de l?union aux régionales et aux européennes ; le choix du non pour le référendum sur le Traité constitutionnel ; le choix de réunir NPS et Nouveau monde ; le choix de la synthèse au Mans et le départ de Montebourg ; notre implication dans le Projet et, par Henri, dans les Etats Généraux du Projet. Si vous prenez tous ces choix, ils dessinent une ligne constante : le choix de l?unité, de l?intérêt du Parti, de l?intérêt de la gauche et du pays, une fois que nous sommes allés au bout de notre effort et du rapport de force pour infléchir la ligne dans le sens qui nous paraît efficace et juste pour gagner d?abord, pour agir ensuite. Cela peut coûter : en places à la proportionnelle, pensez aux régionales et aux européennes, pas une seule tête de liste régionale et la moitié des places auxquelles nous avions droit aux européennes et pas une tête de liste pour à l?époque près de 40% des suffrages militants ! Mais aussi amicalement et politiquement, pensez au départ d?Arnaud après la synthèse, départ dont il a reconnu lui-même, en votant le projet, qu?il n?était pas politiquement justifié. Mais nous avons toujours fait passer l?intérêt du parti avant notre intérêt de courant. D?autres leçons peuvent être tirées de ce parcours, utiles pour notre choix à venir.

 

Lorsque nous choisissons le non au référendum interne, beaucoup de camarades du NPS ne sont pas d?accord avec cette position, certains ont voté Oui et ils sont dans cette salle. Mais le courant, comme collectif, a pris une position politique. Pour prendre une position, il n?est pas nécessaire d?être unanimes, il suffit d?être une majorité. Et il ne s?agit pas d?exclure ou d?interdire d?expression ceux qui pensent autrement. Il y a, dans notre courant, une certaine proportion de camarades qui vont voter Fabius : c?est bien leur droit, ils ont tout notre respect et notre amitié, ils sont et restent NPS autant qu?ils veulent, mais ce ne sera pas la position du NPS. J?ai été étonné hier de voir ces confusions entre choix et unanimité, avec l?idée que la minorité serait exclue ! Ce n?est pas notre tradition !

 

Mais un autre enseignement est que le fait de ne pas être unanimes ne doit pas nous empêcher de choisir. Le non-choix n?est pas une position politique. J?entends des argumentations sophistiques sur notre refus des institutions de la V république, généralement tenues d?ailleurs par des camarades qui il y a quelques mois moquaient cette question. Ce n?est pas sérieux. Aucun responsable politique, a fortiori pas le premier courant du PS, ne pourra s?abstenir de prendre position. Quant à la liberté de vote comme ciment de l?unité et garantie de l?efficacité, épargnez-vous ces exercices de somnambulisme !

 

Ensuite, cette affaire de populisme. Souvenez-vous la campagne du non, les accusations de populisme ! Ne confondons pas le populisme, qui pousse aux plus bas instincts, et le Peuple, au sens républicain, celui de Michelet, celui de la souveraineté populaire. Et puisque nous voulons retrouver les couches populaires, ne reproduisons pas aujourd?hui les argumentations que nous dénoncions hier. Je vous indique d?ailleurs que dans ceux qui ont voté non il n?y avait pas que des non de gauche et que certains n?étaient pas sur des argumentations auxquelles nous pouvons adhérer. Le vrai problème est la structuration, par les discours et les actes, de l?électorat populaire que nous devons allés rechercher, et c?est bien là que nous devons être vigilants et forts, je l?espère ensemble.

 

Cela permet d?aborder de suite une troisième question. Nous avons fait la synthèse pour permettre la victoire en 2007. Henri Emmanuelli n?a cessé de le répéter. Pas de victoire possible en 2007 sans parti rassemblé, puis gauche rassemblée. Le premier point était directement de notre responsabilité. Nous avons agi. Mais ce rassemblement supposait aussi de dépasser le clivage du oui et du non, ce qui ne veut pas dire, loin de là, ne pas tirer les enseignements du non, car même avec une majorité de citoyens de gauche qui ont voté non vous ne faites pas une majorité de gauche dans le pays. Il faut unir les oui de gauche et les non de gauche pour faire une majorité. Or cela détermine une stratégie. Nous savions aussi, pour faire de temps en temps un peu de politique, que si nous ne faisions pas synthèse, si les non, nous, Fabius, ne faisions pas synthèse, nous choisissions, dès le Congrès du Mans, notre candidat à la présidentielle. Cela nous ne l?avons pas voulu. Cela ne veut pas dire que ce choix ne peut être fait maintenant. Mais en tout cas l?argument de la cohérence du non  trouve ici ses limites, puisque nous avions précisément décidés de déconnecter les deux questions, celle du vote au référendum et celle du choix du candidat.

 

Enfin, pour ce qui concerne notre réunion, NPS et Nouveau Monde, le départ d?Arnaud et l?influence que nous avons exercé sur la synthèse et sur le projet, la leçon est simple : on est plus forts, plus efficaces, plus entendus quand on est ensemble, et c?est pourquoi ma ligne est bien, je vous l?ai dit hier,  unité, sincérité, efficacité.

 

Venons, avec cette orientation, cette identité, cette histoire, à la question du choix à la présidentielle. Avec aussi ses exigences : unité ; sincérité, efficacité.

 

 

D?abord, et je l?ai dit tout à l?heure, la responsabilité de la situation présente ne nous incombe pas. C?est la majorité de Dijon qui explose en une gerbe de candidats, et c?est le résultat  d?une certaine gestion du Parti. Dans cette affaire, et y compris sur le calendrier choisit que nous avions dénoncé, il y en a de plus responsables que d?autres.

 

On dit, il y a trop de candidatures. Certes. C?est ce que j?ai dit, le premier, en juin. En juin, pas fin septembre. Et peut-être pouvons-nous nous interroger pour savoir si nous n?aurions pas évité certaines candidatures, ou certaines tentations de candidature, si nous n?avions pas  sans cesse repousser notre choix et en affirmant pas, encore aujourd?hui, clairement une volonté.

 

J?ai entendu, dans le débat d?hier, certains camarades regretter que nous n?ayons pas nous-mêmes de candidat. Mais enfin, c?est un débat que nous avons eu, et que nous avons tranché pour des raisons de fond. Si l?un de nous pensait sérieusement pouvoir être Président de la République , nous l?aurions soutenu sans aucune réserve, vous pouvez en être certain. Mais ce n?est malheureusement pas le cas. Nous aurions eu un candidat de premier tour dans une élection qui n?est pas, il faut s?en souvenir, à la proportionnelle. Dans quel but ? L?intérêt de la France , du parti, de la Gauche  ? Non, de notre boutique. Mais est-ce seulement certain ? Car nous n?aurions fait que repousser les difficultés du choix  au second tour, et peut-être même, en opportunité, dans cette configuration nous aurions fait moins qu?au congrès. Tous ces arguments nous semblaient avoir convaincu et je suis étonné d?avoir encore entendu cette idée d?une candidature NPS à plusieurs reprises hier.

 

On dit, avec vivacité parfois, que certains candidats ou candidates ne seraient pas de gauche ou pas socialistes. J?invite, en ces matières, à la plus grande prudence. De quoi aurait-on l?air demain à soutenir un ou une candidate, contre la droite, dont nous aurions nous-mêmes déclarés à plusieurs reprises qu?elle n?est pas de gauche. Adoptons un principe simple : au Ps, tout le monde est socialiste et tout le monde est de gauche. Cela peut, vous verrez, éviter certains désagréments.

 

Enfin, on me dit qu?il pourrait être utile de faire appel au premier secrétaire, à François Hollande. C?est une idée. Je ne la partage pas. Moi, vous le savez,  avec de très nombreux responsables du NPS, je vous appelle à soutenir Ségolène Royal. Mais j?ai dit aussi que je ne voyais pas pourquoi il faudrait nous déchirer entre ces deux options, puisqu?à mon humble pressentiment je crois que des deux il n?y aura qu?une candidature. On peut donc attendre encore huit jours, se reparler à ce moment là et essayer de construire une position collective. C?est d?ailleurs ce que propose le texte que nous avons adopté hier.

 

Unité, efficacité, très bien. Mais sincérité aussi : moi et ceux qui ont fait le même choix nous avons proposé sincèrement et dans la clarté notre orientation à notre courant. Souhaitons que chacun ait procédé de même et sans trop d?habileté.

 

 

 

Mes camarades,

 

Imaginons ce que pourra être la France dans un an, si Sarkozy a gagné. France où la prostituée qui racole, le jeune en bas de la cage d?escalier, le mendiant qui fait l?aumône sont les premiers ennemis, France sécuritaire, France de la haine de l?autre, de la peur, où l?on dresse les communautés les unes contre les autres, où l?on emploie sans cesse la technique du bouc-émissaire. La France dans un an, France du tout libéral, où le politique sera aux mains des puissances de l?argent, les Lagardère, Bouygues, Dassault, avec des médias aux ordres, dans la crainte, France dur pour les faibles et douce pour les puissants, en rupture avec son histoire, ses valeurs

 

Cette France, elle existe, mais ce n?est pas la nôtre. Nous portons une autre idée de la liberté, de la justice, de la fraternité, et ici, dans cette salle, nous savons que nous avons les valeurs, le projet, le courage, l?ardeur pour combattre et gagner.

 

Le carré magique que j?évoquais en commençant, voilà ce qui doit nous permettre de gagner

 

Mes amis, mes camarades,

Quelque chose a changé

Je reviens à moins de départ, à 2002. Souvenez-vous. On n?a pas assez écouté, on n?a pas assez entendu les nôtres. Ne recommençons pas.

 

Ce n?est pas l?opinion, ce ne sont pas les sondages qui nous dicterons nos choix, mais ce sont les femmes et les hommes que nous rencontrons dans notre vie de militants, de citoyens, d?élus.

 

Depuis quelques mois, il y a à nouveau un petit espoir, une petite flamme, ne soyons pas ceux qui l?enterrent sous les cendres, choisissons au contraire d?être ceux qui  la font grandir, et qu?elle puisse  porter haut sa lumière, diffuser loin sa chaleur

 

Mes camarades, faisons le ensemble, et maintenant, faisons-le vite !"

 

 

Publicité

Publié dans Mon engagement

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Y
Scandaleux : les réactions des militants , y compris ceux qui ne sont pas pro-DSK sont scandalisés pas ces propos de vieux Parti qui meure comme une bête.<br /> Ce Parti évolue vers la sociale-démocratie et c'est cela qui vous fait peur.Ce parti vous a fait : sans lui vous ne seriez rien, alors, RESPECTEZ-LE ! ! !
Répondre
P
Cher camarade,<br /> Pourquoi n'as tu pas mis en ligne le discours de Benoît HAMON et d'Henri EMMANUELLI à St NAZAIRE ?
Répondre