Clarifier les responsabilités dans les services publics : le contre-exemple de la recomposition du conseil dadministration de la RATP
En pleine torpeur estivale, à la veille du long week-end du 15 août, le Gouvernement a supprimé d’un trait de plume les sièges dévolus aux représentants de la Ville de Paris et de la Région d’Ile-de-France au conseil d’administration de la RATP.Un décret du 11 août dernier, publié au Journal officiel le 12, a ainsi modifié la composition du principal organe de gestion de l’établissement public industriel et commercial qu’est encore la Régie autonome des transports parisiens en en excluant la représentation des intérêts des deux principales collectivités locales franciliennes, le Conseil régional et la mairie de Paris, sans aucune concertation avec les responsables concernés.
Encore une fois, la volonté de passer « à la hussarde », sans aucune transparence, est flagrante et décidément significative des mauvaises manières démocratiques du pouvoir « UMP ».
Le maire de Paris, Bertrand DELANOE, et le président du conseil régional, Jean-Paul HUCHON, ont justement dénoncé cette décision, alors que la Région et la collectivité parisienne, comme le montre l’exemple du tramway des Maréchaux, sont les principaux financeurs des équipements exploités par la RATP.
L’explication du Gouvernement peut se comprendre : la Région dispose en effet, dorénavant, de la responsabilité de diriger le Syndicat des transports publics en Ile-de-France, qui est l’autorité organisatrice du service public des transports dans la région et qui est donc le donneur d’ordre de la RATP.
La Région aurait dès lors pu être en position de « juge et partie » au CA de la RATP.
Pourtant, la vraie question qui se pose est celle de « qui décide » en matière de transports publics en Ile-de-France, comme pour tous les services publics d’ailleurs. Et la réponse est loin d’être évidente pour les usagers…
En démocratie, « qui décide » devrait être « qui est responsable », comme le pensait Léon Blum.
Ici, l’Etat décide, sans être responsable et en étant de moins en moins financeur. Comment les citoyens peuvent-ils s’y retrouver ?
Clarifier les responsabilités dans le respect de l’autonomie des collectivités locales et de l’unité de la République, dont l’Etat est le garant, devra être une priorité d’une future majorité de gauche pour réconcilier les Français avec leurs services publics.
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