Visite au centre de rétention de Vincennes
Ce matin, avec 2 collègues sénateurs socialistes, Roger Madec et Serge Lagauche, je me suis rendu au centre de rétention administrattif de Vincennes y exercer mon droit de visite de parlementaire.
J'ai été alerté sur la situation dans ce centre, comme beaucoup d'entre vous par la décision de nombreux retenus (130 lundi dernier) d'entamer une grève de la faim. Cette décision ne m'a pas surpris car j'avais déjà eu l'occasion de me rendre dans ce centre l'année dernière. J'y avais constaté des mauvaises conditions d'acceuil et de rétention. Vous pouvez d'ailleurs trouver le compte rendu que j'avais fait à l'époque pour les dénoncer, en cliquant ici.
Des travaux ont été effectués et les conditions paraissent globalement meillleures qu'il y a un an, même si ce lieu demeure un lieu carcéral (ce qu'il n'est pas censé être juridiquement), et peu transparent.
Mais il faut s'attendre à une dégradation de la situation dans les semaines à venir, car le projet d'extension qu'on m'avait présenté il y a un an pour permettre d'agrandir les lieux d'accueil et les espaces communs, mais aussi pour augmenter de 76 lits les capacités du centre, s'est transformé. En effet c'est une augmentation de 140 lits qui est à l'oeuvre d'ici décembre prochain, sans doublement des espaces, des moyens et des personnels. Dans les faits il y aura encore moins d'espace par "retenu" qu'il y a un an.
Je pensais que la grève de la faim avait pour origine unique les conditions de détentions que j'avais observées l'année dernière mais c'est surtout une autre colère que les retenus que j'ai rencontrés m'ont exprimé aujourd'hui.
Ce qu'ils dénoncent c'est en réalité "l'arbitraire" de leur arrestation, la non prise en compte de leurs situations individuelles, la non information des conséquences de leurs séjours, etc... . Dans les faits, ce dont ils parlent avec leurs mots c'est de la course au rendement à l'oeuvre sur directves du Ministre de l'Intérieur.
Contraintes de faire du chiffre, les forces de Police "rafflent", sans distinction. L'exemple des ressortissants roumains est ainsi frappant. Ils sont souvent en situation légale sur le territoire français . Mais cela ne les empêche pas d'être arrêtés sous divers motifs comme le argent insuffisant pour résider sur le territoire français, mis en centre de rétention et relâché quelques jours plus tard... L'important pour l'administration policière est de pouvoir afficher une statistique en hausse.
Hier soir, encore quatorze personnes étaient en grève de la faim... Il est temps que l'on ouvre un vrai débat sur l'immigration dans notre pays car manifestement les propositions de Nicolas Sarkozy vont aggraver cette situation. J'ai fait un post sur les propositions du ministre de l'intérieur que vous pouvez retrouver et commenter ici. La France ne peut laisser des hommes et de femmes vivrent dans les conditions actuelles et fabriquer chaque jour des immigrés sans-papiers.