Le CPE n'existera plus avant la fin de la semaine
Nous venons d'apprendre que nous sommes convoqués demain à 9h30 pour discuter de la loi de remplacement du CPE. L'Assemblée, elle, vient de la voter. La semaine se finira donc bien avec la mort du CPE. La victoire est confirmée. Ne boudons pas notre plaisir, même si nous savons que rien n'est fini quant à la volonté de la droite et du MEDEF d'insécuriser les relations du travail, en particulier par ce qu'ils appellent la "flexibilité", qui n'est rien d'autre que la précarité. Le dispositif que l'UMP a bricolé (qui n'est que la reprise de l'existant issu de la Loi de cohésion sociale) pour habiller le retrait en "remplacement" n'ajoute rien. En son temps nous nous étions opposés à ces mesurettes. Rien qui viendra donner une perspective d'emploi aux jeunes, rien de significatif pour ceux qui sortent sans qualification du système scolaire. C'était d'ailleurs la justification que donnait le gouvernement quand il a proposé le CPE : ne nous disait-il pas qu'il n'existait rien de sérieux pour ces jeunes, et qu'il fallait une vraie nouvelle mesure ? Aujourd'hui on nous dit remplacer le CPE par ce "rien de sérieux" qui existait déjà. En l'état nous ne voterons donc pas ce texte. Nous proposerons des amendements pour l'annulation de l'ordonnance créant le CNE, contre l'apprentissage dès 14 ans, contre le travail de nuit dès 15 ans, et contre le contrat de responsabilité parentale contenus dans la Loi sur l'égalité des chances. Nous avons voulu le retrait du CPE, nous prenons acte que c'est chose faite. Nous ne cautionnerons pas la mise en scène imaginée par le pouvoir pour ne pas perdre la face. La France a déjà perdu assez de temps depuis que le retrait était incontournable, en guéguerre d'ambition entre le Premier Ministre et Nicolas Sarkozy.
Les leçons politiques de ce qui s'est passé ces dernières semaines doivent être tirées. J'y reviendrai avec vous régulièrement sur ce blog. Mais j'en retiens au moins une : deux modèles contradictoires de société se sont affrontés dans le pays à travers la question du CPE, et c'est cela qu'il faudra assumer pleinement devant nos concitoyens, avec toute notre imagination et créativité, en bâtissant une alternative à la droite libérale et conservatrice en 2007.