Regard sur la presse du jour : l'Europe de l'armement se construit, à quand celle de la Défense ?

Publié le par David

Les activités satellitaires d'Alcatel et de Thales, voire celle d'EADS, voilà ce qui pourrait constituer la corbeille de mariage d'un nouveau géant de la défense en Europe, sachant que les gouvernements français et allemand n'ont pas renoncé à l'idée de créer un consortium type Airbus dédié à la défense.

Puissance "féminine" comparée aux Etats-Unis disent certains experts bercés au langage militaire de la puissance masculine, l'Union européenne reste cependant un acteur majeur des industries de l'armement dans le monde.

A en croire la presse économique française et étrangère, ce secteur éminemment stratégique va subir une nouvelle phase de concentration. Reste à connaître la forme que prendra ce nouvel exemple de mécano industriel. Car si le projet de rapprochement dans les satellites entre Alcatel et Thales tient la corde, EADS compte toujours s'inviter dans la partie, avec le soutien de Paris et Berlin.

Adosser l'activité satellite d'Alcatel, Alcatel Alenia Space, à Thales permettrait de sortir une activité sensible du mariage entre l'équipementier français et l'Américain Lucent. L'opération bénéficierait ainsi du soutien de l'Etat français, qui détient 31,3% de Thales.

Reste que Thales est considéré depuis longtemps comme une cible potentielle par EADS. Contraint de répondre à l'accélération du calendrier voulue par Alcatel, le co-président français du groupe d'aéronautique et de défense, Noël Forgeard, aurait ainsi proposé de transférer la filiale satellite, Astrium, au groupe de Denis Ranque. En échange, EADS demanderait 20% du capital de son nouveau partenaire. Fort opportunément, Berlin et Paris sont en effet tombés d'accord sur le principe d'un rapprochement entre EADS et de Thales lors du dernier sommet franco-allemand. C'est en tout cas ce qu'affirme le magazine allemand Stern à paraître jeudi, en évoquant une prise de participation dont l'ampleur n'aurait pas été fixée, mais qui serait bouclée à l'automne. Sachant que l'objectif à terme serait bien de donner naissance à un géant européen de la défense pesant quelque 45 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

« Ce qui est essentiel pour les Allemands, c'est que l'équilibre franco-allemand soit respecté au sein de la structure capitalistique d'EADS », explique Heinz Schulte, rédacteur en chef de Griephan Briefe, une news-letter allemande très bien renseignée. « Si DaimlerChrysler et Lagardère, qui ont tout deux 30 %, conservent la parité et si cette parité est préservée malgré l'entrée de Thales dans EADS, alors il n'y aura pas d'opposition côté allemand ». D'autant qu'un tel rapprochement franco-allemend serait susceptible d'en initier d'autres dans le domaine de la défense. En attendant, la communication du groupe européen contine de trahir des débats internes. Le co-président allemand, Thomas Enders, a en effet démenti mardi tout projet de sortie des activités spatiales.

 

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Publié dans Mes coups de gueules !

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