Pour les législatives, le PS exerce son droit d'inventaire sur la campagne Royal
Le parti reprend la main. Tandis que l'équipe de Ségolène Royal fait ses cartons dans son QG de campagne, les réunions se succèdent au siège du PS pour préparer le conseil national du 12 mai qui lancera la campagne des élections législatives. Retour au classicisme : la commission, chargée de préparer une plate-forme politique sous l'impulsion d'Alain Bergounioux, secrétaire national aux études, comprend un représentant de chaque courant ou sensibilité - Bernard Soulage pour les strauss-kahniens, Guillaume Bachelay et Henri Weber pour les fabiusiens, Harlem Désir pour les jospiniens, David Assouline pour les royalistes et un délégué pour les emmanuellistes.
" Pas de copié-collé "
Comme François Hollande l'avait annoncé, le projet se concentre sur quatre thèmes : l'emploi et le pouvoir d'achat réunis dans le chapitre "travailler tous, travailler mieux" ; les retraites, la santé et les services publics dans "protéger le présent et préparer l'avenir" ; l'Europe ; et enfin la décentralisation et le dialogue social dans un dernier volet consacré à "la défense et l'approfondissement de notre démocratie".
C'est ici que la différence avec le pacte présidentiel de Mme Royal saute aux yeux. Pour l'heure, toute référence à la VIe République a en effet disparu. "Ça ne peut pas être un copié-collé du pacte présidentiel, sinon le résultat sera le même, un copié-collé, affirme M. Bachelay. Il faut tenir compte du message qui nous a été envoyé." Un droit d'inventaire, en quelque sorte, s'exerce dans l'urgence par le parti sur la campagne de Mme Royal.
La liste des candidats socialistes, soumise à l'approbation, samedi, du conseil national, est quasi close. Proche de Mme Royal, la maire du 4e arrondissement de Paris, Dominique Bertinotti, avait annoncé son intention de se présenter en justifiant sa décision par le "très faible score des Verts" et "l'émergence électorale du centre". Elle ne sera pas investie, le PS maintenant son soutien à la députée des Verts sortante, Martine Billard, "même si aucun accord n'était trouvé à l'échelle nationale entre les deux partis", précise Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections du PS.
En revanche, la candidature d'Aurélie Filipetti, ex-membre des Verts devenue conseillère environnement de Mme Royal, dans la 7e circonscription de Meurthe-et-Moselle, a été validée. Les discussions se poursuivent pour tenter de trouver un accord avec les Verts, sur une douzaine de circonscriptions, et avec le PCF. Aucun désistement en faveur du centre de François Bayrou n'est à l'ordre du jour.
Reste encore une inconnue : la décision de Mme Royal que beaucoup, parmi ses proches, pressent de reprendre son mandat de députée pour devenir chef de l'opposition.
Isabelle Mandraud / Le Monde