Ségolène Royal souligne son engagement envers l'hôpital public
"Avec moi, l'hôpital public sera défendu et revitalisé", a promis dimanche Ségolène Royal, qui a affiché son attachement au "service public" au cours d'une visite dans un centre de régulation des appels d'urgence du SMUR (services médicaux d'urgence et de réanimation) et des pompiers de Corbeil-Essonnes (Essonne). "Avec moi, l'hôpital sera défendu et sera revitalisé parce que je pense que c'est l'un des fondements de notre pacte républicain", a martelé la candidate. "L'hôpital public doit retrouver ses forces (et) ses moyens", a-t-elle dit.
"L'hôpital public, au cours de ces dernières années, a perdu beaucoup de moyens. Il est en situation de grande fragilité", a-t-elle déploré depuis le garage où elle s'est fait expliquer l'équipement des ambulances du SMUR par les médecins urgentistes présents. "Il faut que les Français aient un droit adapté aux soins sur l'ensemble du territoire national".
La responsable socialiste a donc promis de renforcer les services d'urgence, de lancer "un plan de recrutement et de formation des infirmiers" dont "nous manquons cruellement" et veut aussi favoriser les conditions de travail des médecins qui font le choix de travailler dans le public.
Interpellée au sujet des fermetures de lits dans les services hospitaliers, elle a répondu que "non seulement il ne faudra plus fermer de lits, mais il faudra en ouvrir dans les services qui en ont besoin". "Je répondrai aux besoins", a-t-elle plus largement assuré.
La candidate socialiste a cherché à opposer sa vision à celle de Nicolas Sarkozy. "En aucun cas, il n'y aura de système de déremboursement ou de franchise", a-t-elle promis. "Je ne suis pas d'accord avec cette façon de voir les choses: on n'a pas à rabattre sur le service public hospitalier", a-t-elle opposé.
Reprenant un thème cher à Olivier Besancenot, qui en avait fait une de ses affiches de campagne, Ségolène Royal s'est ensuite indignée de voir des cliniques privées "achetées par des fonds de pension étrangers qui gagnent beaucoup d'argent". "Dans le domaine de la santé, certains réussissent à gagner beaucoup d'argent sur le dos de sa Sécurité sociale", a-t-elle observé, notant "qu'il y a quand même là quelque chose qui ne va pas". "Dans la santé aussi, je crois qu'il faut remettre un ordre juste".
Au passage, la candidate socialiste a enregistré le soutien du syndicaliste urgentiste Patrick Pelloux, qui l'a accompagnée au cours de cette visite. S'exprimant "à titre personnel", le Dr Pelloux a confié: "J'ai voté François Bayrou au premier tour et je voterai Ségolène Royal au deuxième tour de l'élection présidentielle parce que je crois que le renouveau qui est affiché et l'attachement qui est affiché au service public et aux valeurs que je développe sont vraiment un élément important".
En tant que président de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (AMUHF), le Dr Pelloux a toutefois souligné que "les conditions de travail s'aggravent de manière considérable" pour les médecins hospitaliers et qu'"au cours des cinq dernières années", "jamais on n'a fermé autant de services", notamment en chirurgie. Il a souligné avoir interpellé "tous les candidats" sur les problèmes de l'hôpital sans avoir reçu de réponse, notamment de Nicolas Sarkozy. Pour lui, il est "extrêmement positif" que Ségolène Royal ait souhaité rencontrer les médecins.
Source : AP