Ségolène Royal ne veut pas que la France replonge "dans l'ombre"

Publié le par David

Pour que la France ne retombe pas "dans l'ombre", Ségolène Royal a lancé vendredi un appel au rassemblement des "républicains de progrès" pour la paix civile et l'harmonie sociale - des valeurs qu'elle dénie à son adversaire de droite, Nicolas Sarkozy.

Lors d'un meeting dans la banlieue de Lyon, la candidate socialiste s'est tournée vers les électeurs centristes, à la veille de son débat avec François Bayrou, dont elle a cité le nom à la tribune plusieurs fois, contrairement à son meeting de Montpellier mardi.

Devant plus de 15.000 personnes réunies au Parc des expositions de Chassieu (Rhône), la présidente de Poitou-Charentes a dénoncé la "posture de victime" dans laquelle se place selon elle Nicolas Sarkozy dans la dernière ligne droite.

"Vous savez tous les coups que j'ai pris pendant cette campagne mais je ne me pose pas tous les quatre matins comme le candidat de l'UMP à la télévision en victime. Pauvre victime!", a-t-elle lancé à la fin de son discours d'une heure.

"L'élection présidentielle ne se joue pas sur une victimisation ou alors il faut faire autre chose!", a-t-elle conseillé à son rival.

Détendue, s'appuyant son pupitre, elle s'est même offert le luxe de prendre la défense du président de l'UDF face à "la somme des attaques, des mots violents, des mots de mépris" adressés par Nicolas Sarkozy à François Bayrou. "Très choquant", a-t-elle jugé.

Ségolène Royal, qui se sent "de plus en plus prête" à présider, a estimé que la victoire était possible le 6 mai. "Je me bats avec vous pour gagner et cette victoire nous allons l'arracher", a-t-elle promis, faisant fi du faible étiage électoral de la gauche au soir du premier tour.

"Je veux vous conduire à la victoire, je sais qu'elle est possible, qu'elle est là, à portée de main, devant nous, et que nous avons le devoir de la réaliser parce que la France en a besoin", a-t-elle déclaré sous un tonnerre d'applaudissements.

" Refusons toutes les brutalités "

"La France ne veut pas se replonger dans l'ombre, la France veut la lumière, l'espérance, l'horizon, la France veut se redresser", a affirmé Ségolène Royal après avoir dressé le portrait de sa "France présidente".

"A l'approche de ce second tour, on voit que les choses se simplifient, que les messages se clarifient. Vous allez avoir le choix entre le candidat soutenu par Berlusconi d'un côté et la candidate soutenue par Zapatero et Romano Prodi", a-t-elle dit après la diffusion d'un message de soutien du président du Conseil italien.

"Il s'agit de savoir si on veut continuer comme avant en pire ou changer pour de vrai et changer fort", a-t-elle poursuivi.

"Ils nous laissent une France endettée. Ils nous laissent une France en déclin. Ils nous laissent une France où les plus fragiles, les plus modestes, les plus précaires se sentent désespérément tirés vers le bas. C'est ce mouvement vers le bas qu'il faut arrêter", a insisté la première femme à avoir une vraie chance d'accéder à l'Elysée.

Face à ce "système destructeur et contraire à notre idéal, ce système de la méfiance, de la guerre du tous contre tous", elle "croit pouvoir rassembler", s'adressant "à toutes celles et tous ceux qui pensent que l'on peut réformer la France sans la brutaliser".

"Voilà l'enjeu que nous devons construire! Refusons toutes les brutalités, refusons toutes les violences. Je veux construire avec vous cette France présidente, une France de la non-violence, une France de la paix civile."

Le 6 mai, elle veut "rassembler les républicains de progrès et tous ceux qui pensent que les valeurs de la Sécurité sociale et de l'éducation doivent être au coeur de notre projet présidentiel".

Source : Reuters


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