Triste bilan de quatre mois de travaux parlementaires

Publié le par David

On se souvient que les travaux de la dernière année parlementaire du quinquennat de Jacques Chirac ont été ouverts en fanfare avec la convocation le 29 août dernier de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale pour examiner au pas de charge le projet de loi relatif au secteur de l’énergie.

Il s’agissait alors de faire approuver par la Représentation nationale, naturellement en urgence dans le cadre d’une session extraordinaire, le principe de la fusion de Gaz de France avec Suez. Depuis, le Conseil constitutionnel a posé de solides garde-fous à cette tentative de bradage à la va-vite d’une entreprise publique à la mission d’intérêt général certaine et aux performances économiques reconnues.

Mais ce n’était là que le premier épisode d’un mauvais feuilleton dans lequel le Parlement s’est vite trouvé prisonnier des humeurs du candidat auto-proclamé de l’UMP à la présidentielle, de son chef de gouvernement réduit à s’agiter pour tenter d’exister et d’un « vieux » président décidément toujours pas résolu à quitter le champ de bataille.

Ainsi, la trêve des confiseurs sera la bienvenue pour les députés, qui devront cependant encore siéger en commission des lois le 22 décembre pour discuter de la réforme du statut pénal du chef de l’Etat – il était temps de donner suite à cette promesse du président de la République – après avoir voté, pour beaucoup à leur corps défendant, le projet de loi constitutionnelle figeant le corps électoral de la Nouvelle Calédonie à avant 1998.

Et sans parler des dernières procédures d’approbation définitive des projets de loi de finances pour 2007 et de loi de finances rectificatives pour 2006 – les derniers budgets de la législature -, de l’examen par le Sénat de pas moins de quatre textes, dont un destiné à promouvoir la parité dans les assemblées locales, deux autres censés moderniser la fonction publique et un devant mieux organiser certaines professions de santé.

Sans revenir, non plus, sur la décision du Conseil constitutionnel – apparemment tout à fait résolu à ne rien laisser passer au Gouvernement ces derniers temps – annulant pas moins de dix-neuf articles, et en partie un vingtième, du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2007 du fait de fautes de procédure.

Sans souligner, enfin, les coups de boutoir réguliers du numéro 2 du Gouvernement contre la politique menée par « son » Premier ministre – la « rupture », même par rapport au bilan du quinquennat, risquerait donc de ne pas être si « tranquille »…

Traitées plus que jamais comme les chambres d’enregistrement des volontés de l’exécutif alors que le gouvernement est dirigé par un haut fonctionnaire ne cachant pas son mépris pour les élus et s’imaginant plus en maréchal d’Empire qu’en leader d’une majorité parlementaire, l’Assemblée et le Sénat voient les bancs de la majorité de plus en plus désertés.

Dans le même temps, Villepin convoquait, là encore en urgence, les partenaires sociaux à Matignon pour une grand’messe à la liturgie dépassée et dont la seule vocation était d’attirer quelques instants à lui la lumière médiatique. Malheureusement, la pauvreté des annonces n’éblouit personne, et provoqua la colère des organisations syndicales.

Et, au même moment, les textes d’application de lois votées il y a quelques mois déjà en urgence patientaient toujours…

Ces mascarades répétées seraient – presque - seulement ridicules si elles ne mettaient en jeu que les locataires des palais de la République, c’est-à-dire les plus hautes autorités du pays et la Représentation nationale toute entière. Mais elles entraînent aussi dans la ronde les administrations, les partenaires sociaux et, bien sûr, les médias.

Quant aux provocations incessantes du ministre de l’intérieur et aux lois toujours plus répressives qu’il fait adopter – la dernière relative à la prévention de la délinquance devant être dénoncée autant qu’il se peut -, il ne faut voir là que justifications à la xénophobie ambiante et aux thèses de plus en plus présentes dans le débat public disqualifiant d’office et dans un même paquet les institutions, les corps intermédiaires, les entreprises, la presse et les médias, voire les lettres et la science.

Le résultat en est désastreux : le rôle des Pouvoirs publics en sort très amoindri et l’action des partis et des responsables politiques profondément décrédibilisée.

Comment lire autrement les résultats des enquêtes d’opinion faisant apparaître l’influence de plus en forte des idées et propositions de l’extrême droite dans la conscience politique des Français et la popularité toujours en hausse de son vieux leader ?

A l’heure où les familles des victimes de la dictature chilienne regrettent amèrement la mort « en paix » du général Pinochet, ce serait une curieuse « ruse » de l’histoire que de voir une partie de nos concitoyens se jeter, en conscience, dans les bras du Front national.

Le devoir de victoire de la gauche, en cette veille d’élection présidentielle, est donc un impératif catégorique.
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Publié dans Mes coups de gueules !

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F
Pour tout ceux qui veulent que la gauche se rénove :<br /> http://www.renovaction-socialiste.org/<br /> RS National
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C
J' ai créé un blog,  "ségoléniste" mais sans idolâtrie. il est consacré, entre autres mais surtout, à l' Education (Je suis prof de français en collège/48 balais/25 ans d' ancienneté)<br /> http://profencampagne.over-blog.com/<br /> Je vous donne également le lien sur le site de mon ami Philippe Meirieu où je publie un feuilleton sur l' école:<br /> http://www.meirieu.com/CLASSEAUQUOTIDIEN/collegejour.htm<br /> Ainsi que ce lien pour un travail demandé par P Meirieu et remis à Ségolène Royal<br /> http://www.meirieu.com/ECHANGES/POURCHANGER.htm<br />  Christophe
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