Inutile de se lamenter sur l'invasion numérique

La Nouvelle République du 19 mai 2009
Pages Acutaliés départementales
Pour le sénateur Assouline, qui était hier à Pamproux, Internet sera le meilleur outil des jeunes générations, à condition qu’il soit cadré et enseigné.
L’organisatrice des premières rencontres départementales de l’information à destination des jeunes (qui se prolongent aujourd’hui à Pamproux, lire cidessous) est aussi une maman. Elle s’inquiète que son fils de 9 ans ne devienne rapidement « accroc » au multimédia, que son caractère si doux ne soit altéré par des excès de jeux vidéo. La statistique anglaise que lui a énoncé le sénateur parisien David Assouline, rapporteur de l’étude « les nouveaux médias, des jeunes libérés ou abandonnés ? » et invité hier matin de la première de ces rencontres, ne peut qu’effrayer cette maman : « Sur un an, les jeunes passent 800 h à l’école, 80 h à discuter en famille… et 1.500 h devant un écran ». Pour autant, le propos de David Assouline, devant une petite cinquantaine de professionnels d’accueil de la jeunesse, d’enseignants et d’élus, se veut plutôt rassurant : « Une génération multimédia est née, et bouleverse les rapports de la jeunesse au divertissement, à l’information et à l’enseignement. Cette évolution est durable », note le sénateur dans les conclusions de son rapport. « C’est même à croire que ces outils numériques, que sont Internet, les blogs et les SMS ont été faits pour les ados, pour qu’ils communiquent », ajoute-t-il en réponse aux inquiétudes exprimées.
Comme avec la télé
« Il est inutile de se lamenter sur l’invasion des nouveaux médias, mais il faut bien, au contraire, réfléchir dès maintenant aux meilleurs moyens d’encourager les pratiques numériques, en faisant en sorte qu’elles leur soient les plus profitables possibles », conclut David Assouline. Il compare la période à celle de l’arrivée de la TV, quand on craignait qu’elle n’anéantisse la culture. Par « meilleurs moyens », le sénateur entend d’abord une série de garde-fous en matière de contrôle, et ensuite un « impératif éducatif », c’est-à-dire une formation à l’usage de l’outil numérique. Une quinzaine de propositions sont, du reste, consignées dans le rapport de la mission parlementaire. Citons, notamment, la réglementation de l’usage de la webcam, la création de labels aux logiciels de contrôle parental, un organisme de protection, mais aussi 10 h annuelles d’éducation aux médias en 4e et 3e, et l’utilisation du multimédia comme support pédagogique prioritaire.
Philippe Micard