L'agonie d'un régime

Publié le par David

 

L’allocution du Président vendredi soir, restera longtemps dans l’histoire politique du pays. Même le comique (le décalage entre la voix et l’image) était au rendez-vous d’un moment qui symbolisera probablement non seulement la fin d’un règne mais l’agonie d’un régime institutionnel qui n’est plus à même ni d’incarner la légitimité démocratique, ni la responsabilité politique. Dans la Vème République , le Président donne les orientations et le Premier Ministre applique. Tout au long de cette crise, le Président était absent, le Premier Ministre se prenant pour Bonaparte avançait à la hussarde, utilisant tous les travers anti-démocratiques de nos institutions : ordonnances cet été, 49-3 sur le CPE, tout cela sans aucune concertation sociale alors qu’il s’agissait de toucher au code du travail. Puis quand le Président était appelé par tous pour dénouer la crise en utilisant les pouvoir que lui confère la Constitution, il promulgue la Loi tout en expliquant aux citoyens qu’elle ne serait pas appliquée (quelle leçon de civisme à 20 millions de téléspectateurs).

Et pour couronner le tout, il annonce que ce seront les groupes parlementaires de l'UMP, qui seront en charge de négocier et d’élaborer un nouveau projet de Loi. Un Président impuissant et irresponsable, un Premier Ministre qui dirige le Président tout en étant isolé du groupe parlementaire sensé le soutenir mais auquel il n’a jamais participé puisque jamais élu, un Ministre de l’Intérieur en première ligne d’une confrontation sociale où l’ordre public est en cause, qui téléphone directement comme Président de l’UMP aux partenaires sociaux pour leur dire que c’est avec lui qu’il faudra négocier, c’est le tragi-comique qui se déroule devant nous et qui ressemble à une agonie d’un système politique. La réforme institutionnelle radicale pour relégitimer la démocratie représentative aux yeux de nos concitoyens, c'est-à-dire la mise en place d’une VI ème République clairement parlementaire, avec un exécutif responsable issue de la majorité politique voulue par le peuple, et la reconnaissance dans la Constitution de la démocratie sociale, devra être au programme de l’alternative nécessaire de 2007. 

Finalement, c’est l’ironie de l’histoire, Jacques Chirac a presque avoué en direct que le parlementarisme a plus de légitimité démocratique et d’autorité politique dans la France d’aujourd’hui pour assurer la cohésion sociale que la monarchie élective de la Vème République (même s'il ne s'est pas empêché de dire ce que devra faire le parlement, qui dans son esprit ne peut être qu'à la botte bien sûr), en reconnaissant sa propre irresponsabilité qui n’est pas que pénale. Prenons acte.

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Publié dans Mes coups de gueules !

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F
On est sûr de perdre uniquement les combat que l'on ne mène pas. Tu parles de paroles et d'actes, Damned. Regarde les tiens.<br /> C'est en refusant de vous battre pour la 6ème au sein de la direction du PS que vous affaiblissez cette revendication. <br /> Défendre ses convictions ce n'est pas partir en claquant la porte, c'est se battre au quotidien. Pas dans les médias, en faisant partie du star-système mais en militants de l'ombre. Tu sais ceux  qu'Arnaud Montebourg méprise tellement.Pendant que tu discours sur les trahisons, d'autres se battent contre el CPE, pas dans des colloques sur les "jeunes" de 30 ans, non, dans la rue et au Sénat!<br /> Bravo Assouline, tiens bon!
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D
mon cher david,<br /> <br /> si seulement tu ne t'étais pas assis sur tes "convictions" et essuyé les pieds sur la 6e République au Congrès du Mans en échange d'un strapontin dans une direction pléthorique, on pourrait presque applaudir timidement à un constat sans vraiment de fond <br /> <br /> Les paroles sont importantes, mais les faits parlent pour elles. Le discrédit n'en est que plus voyant. Quel dommage et quel gâchis. <br /> <br />
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D
cher monsieur,<br /> Pour information :<br /> "Au terme d’une longue bataille parlementaire à coup de rappels successifs aux règlements, scrutins publics et autres interruptions de séance visant à retarder au maximum le vote, les députés ont finalement approuvé l’amendement visant à instaurer le CPE par 51 voix UMP contre 23 voix PS, PCF, Verts et UDF."<br /> un peu d'honêteté intelectuelle bigre
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L
cher monsieur pour information:<br />  <br /> Au terme d’une longue bataille parlementaire à coup de rappels successifs aux règlements, scrutins publics et autres interruptions de séance visant à retarder au maximum le vote, les députés ont finalement approuvé l’amendement visant à instaurer le CPE par 51 voix UMP contre 23 voix PS, PCF, Verts et UDF.<br /> <br /> un peu d'honêteté SVP !!!
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