Les principales déclarations de N. Sarkozy et les réactions
SALAIRE Sarkozy sur son augmentation : "le salaire du président était le seul à ne pas être fixé" 35 HEURES "Oui. 2008 sera l'année de la fin des 35 heures"
PARTICIPATION/INTERESSEMENT "Nous allons créer les conditions réglementaires et fiscales pour que la participation et l'intéressement puissent s'étendre à toutes les entreprises, même à celles de moins de 50 salariés".
"Les programmes de stock-options doivent bénéficier à tous les salariés".
TVA SOCIALE "On a fait deux erreurs. La première, c'est d'utiliser ce mot, cela n'a rien de social, donc on aurait bien mieux fait de parler de transfert de charges de la production à la consommation. Et deuxièment, c'était aussi une erreur d'en parler sans le faire. Soit vous le faites, soit vous ne le faites pas, et dans ce cas-là vous allez jusqu'au bout"
CROISSANCE "Il faut changer notre instrument de mesure de la croissance (...) j'ai demandé à deux prix Nobel d'économie qui ont beaucoup travaillé sur ces questions d'accepter de conduire cette réflexion. Armatya Sen a accepté de m'apporter ses conseils et Joseph Stiglitz de présider le comité d'experts".
IMMIGRATION "On ne rentre pas en France sans autorisation". Je souhaite une juridiction qui s'occupe du droit des étrangers"
"J'ai demandé (au ministre de l'Immigration) Brice Hortefeux (...) d'aller jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas".
"Je souhaite que chaque année, devant le Parlement, on puisse débattre de la politique d'immigration de l'année prochaine: combien de personnes nous avons accueilli, combien de personnes nous voulons accueillir"
José Luis Rodriguez Zapatero et Romano Prodi "m'ont demandé que la France, l'Italie et l'Espagne procèdent à des expulsions collectives" d'étrangers sans papiers présents dans ces trois pays.
DISCRIMINATION POSITIVE "La réalité c'est que quand on a une couleur qui n'est pas majoritaire (...) on a plus de difficultés que les autres (...) Ce que je veux c'est que chaque Français, d'où qu'il vienne, se dise qu'il a une chance de s'en sortir (...), que la promotion sociale devienne une réalité"
CONSTITUTION "Je souhaite que le préambule de notre Constitution soit complété pour garantir l'égalité de l'homme et de la femme, pour assurer le respect de la diversité et ses moyens, pour rendre possible de véritables politiques d'intégration, pour répondre au défi de la bioéthique"
MUNICIPALES/CANTONALES "Je m'engagerai, parce que le concept même d'élection dépolitisée est absurde (...) Mais pour moi, le vrai juge de paix, c'est à la fin de mon quinquennat"
SANTE "On va en 2008 changer la gouvernance de l'hôpital de fond en comble parce que l'hôpital n'est plus gouverné"
"L'hôpital est en déshérence, les 35 heures lui ont porté le coup de grâce"
ECOLE "L'Ecole appartient à tout le monde" et ne "peut pas se réduire à la seule question du statut" des enseignants. L'école doit être "remise au coeur de la politique comme elle l'était jadis" et non "tenue à l'écart comme si c'était un sujet trop compliqué (...) Ou trop risqué"
UNIVERSITES Sarkozy annonce le lancement de 10 projets de renovation universitaire
JEUNES "Chaque jeune devra recevoir une formation", "Redonner une chance a celui qui a subit un échec"
ENVIRONNEMENT "Le Grenelle de l'environnement sera respecté scrupuleusement"
OGM Sarkozy disposé à recourir à la clause de sauvegarde sur les OGM
VISITE DE KADHAFI "J'assume! La France l'a reçu, la France reçoit bien ses amis, ou alors ce n'est plus la France (...) Il faut assumer le choix de le recevoir (...) Il n'y a eu aucun faste"
SYRIE "Je ne regrette pas d'avoir essayé avec la Syrie, même si nous n'avons pas obtenu de résultat (...) Et quand les Syriens n'ont pas répondu aux appels de la France, j'en ai tiré toutes les conséquences en condamnant l'attitude de la Syrie"
DIPLOMATIE "La diplomatie française est une diplomatie de la réconciliation. La France doit parler avec tout le monde"
G8 "Le G8 doit devenir le G13…On ne peut pas organiser le monde au 21è siècle avec l'organisation du 20e"
TERRORISME Il faut "opposer la politique de civilisation à la violence et au terrorisme"
GRAND PARIS "J'ai lancé la réflexion sur le Grand Paris", "je ne laisserai pas ce projet s'enliser, je ne laisserai personne le bloquer"
PRESSE Sarkozy annonce un texte de loi sur la protection des sources journalistiques pour 2008. "Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. Chacun doit le comprendre, chacun doit l'accepter (...) je préfère les excès de la presse à l'absence de la presse"
TELEVISION Sarkozy veut une "révolution culturelle dans le service public de la télévision et réfléchir à la suppression de la publicité"
Réactions
"Un numéro d'artiste." C'est par ces mots qu'André Vallini, le porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a commenté l'exercice médiatique auquel s'est prêté le chef de l'Etat pendant près de deux heures.
"Aucune annonce nouvelle", sauf celle de la fin des 35 heures que le député de l'Isère regrette: "C'est une régression historique. Pour le reste, il y a eu beaucoup de promesses, de digressions sur la politique de civilisation." .. Commentant le projet de texte en préambule à la Constitution qui sera rédigé par Simone Veil, André Vallini a souligné les grandes qualités de l'ancienne ministre de la Santé, tout en notant que Nicolas Sarkozy avait éludé la question du pouvoir d'achat:
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste : "les Françaises et les Français qui attendaient des réponses sur leur première préoccupation, le pouvoir d'achat, et plus particulièrement les revenus, ne peuvent que ressentir colère et déception".
"Dans tous les domaines, notamment le travail, l'éducation ou encore la santé, les mesures désastreuses que les Français subissent déjà, seront aggravées".
"L'augmentation de la pauvreté, de l'exclusion, de la précarité démontre l'ampleur de l'échec de cette politique", poursuit l'ancienne candidate à l'élection présidentielle.
"Nicolas Sarkozy explique tout, y compris l'injustifiable". "La croissance n'est plus absente, mais mal mesurée. Le pouvoir d'achat n'est plus un problème car la qualité remplace la quantité".
"Il est tout simplement faux d'expliquer que l'on peut faire mieux avec moins.
Les services publics ont besoin d'investissement humain et financier pour répondre aux besoins et donc pour assumer leur mission". "C'est une vision ultraréactionnaire et destructrice du changement. Le projet de civilisation de Nicolas Sarkozy, c'est l'assurance de pire en jouant sur les peurs".
Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale : Nicolas Sarkozy "se dissimule derrière ce concept dangereux de politique de civilisation (...) Il était très sur la défensive, car c'était quand même un bilan négatif qu'il tire de son action des six derniers mois".
"Il dit en gros qu'un président de la République ne peut pas agir sur le pouvoir d'achat des Français, mais il y a des Français qui ont voté pour lui parce qu'il s'était présenté comme le candidat du pouvoir d'achat".
"Il a défendu sa politique de quotas en matière d'immigration, de nombre d'expulsés et de reconduite à la frontière: tous ces concepts réactionnaires qui visent finalement à enrayer sa chute dans les sondages".
"Il fait son numéro, il fait son cinéma, mais, sur les problèmes réels, concrets, que nos concitoyens ont à affronter aujourd'hui, il n'a rien dit si ce n'est des propos de philosophie de comptoir totalement à côté de la plaque, présomptueux et arrogants vis-à-vis du reste du monde et du reste de l'Europe".
Bruno Julliard, ancien président de l'Unef et candidat sur la liste socialiste aux municipales dans le XIIIè arrondissement parisien à propos des propositions sur l'université: "C´est évidemment une bonne chose que d´investir dans l´enseignement supérieur et la recherche. Mais ca fait des années qu´on nous ressert les mêmes promesses et qu´on voit rien venir! On nous avait déjà dit ca l´année dernière et on a eu en 2008 sous Sarkozy un des pires budgets pour l´université. Je crains que les paroles du président ne se traduisent plus par du vent que par du béton dans les facs... Mais j´attends de voir! Une inquiétude en revanche : il ne faut pas que les millions d´euros ne se concentrent que sur quelques facs d´élite au détriment d´autres sites universitaires. Je soupçonne la droite de vouloir créer des facs vitrines et des facs de seconde zone. Alors oui à des millions d´euros pour les bâtiments, c´est une urgence, mais démocratiquement répartis."
José Bové : "Je reste prudent quant à la suite. La clause de sauvegarde était un engagement et d'une certaine manière le président de la République le confirme puisqu'il a parlé du respect des engagements du Grenelle". "La question de fond qu'on a posé, c'est la question de la parole donnée et qui doit être respectée. Je suis très circonspect".
"Le fait que le président de la République lui-même évoque la question de la clause de sauvegarde, montre que cette question qui motive notre grève de la faim est une question importante puisque c'était un engagement du Grenelle", a estimé José Bové.
François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste: Nicolas Sarkozy a "évité de répondre aux questions essentielles où il était attendu: celles de la croissance, du pouvoir d'achat, de la vie chère, des salaires et de l'emploi". "Son long propos a eu au moins un mérite: celui de révéler l'absence de résultat depuis huit mois, le défaut de propositions immédiates pour la vie de nos concitoyens (...) Quand un responsable public n'a pas de chiffres à présenter, il produit des mots. Nicolas Sarkozy les a multipliés".
"Après huit mois de présidence et près de six ans de politique conduite par la même majorité, notre pays n'attend pas un discours de campagne, mais des résultats. Ils ne sont pas là", poursuit-il en prédisant que c'est plutôt "un plan de rigueur qui sera bientôt annoncé après les élections municipales. (mardi 8 janvier, communiqué)
Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR): "Voilà la question à laquelle N. Sarkozy a échappé: 85% du peuple vit avec moins de 2.000 euros par mois. Plus de la moitié ne gagne pas 1.200 euros". "Actuellement, tout augmente. Tout, sauf les salaires".
"Vous parlez à chaque instant de civilisation, mais votre gouvernement est une machine à remonter le temps, qui revient sur les acquis sociaux arrachés par les luttes de nos anciens, la protection sociale à la Libération, les congés payés en 1936 et même le droit du travail il y a plus de 130 ans", dénonce Olivier Besancenot.