j'ai exercé mon droit de visite du centre de rétention de Vincennes aujourd'hui

Publié le par David

Aujourd'hui 2 janvier 2008 à 14h30 j'ai exercé mon droit de visite, réservé aux parlementaires, du Centre de rétention administrative de Vincennes. Je le fais régulièrement, (4ème fois depuis 2005, la dernière fois c'était fin septembre 2007 il y a 3 mois). Après les mouvements de protestations des retenus sans-papiers de ces derniers jours et l'intervention musclée de renforts de police, il s'agissait pour moi de me faire une idée de ce qui s'est passé, et d'évaluer les conditions de "retenue" des sans-papiers au regard de ce que j'ai déjà constaté et décrit après mes visites précédentes.

Mes interlocuteurs de la CIMADE et les quelques sans-papiers retenus avec qui j'ai discuté m'ont confirmé une situation qui se dégrade de mois en mois, avec des tensions accrues, liées très directement à la politique du "chiffre" de Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux. 

D'abord, il y a de plus en plus de monde dans ces centres, parmi les nouveaux arrivants :  de plus en plus  de sans-papiers qui vivent et travaillent en France depuis de nombreuses années, qui ont des enfants nés et scolarisés ici, autrefois raremement inquiétés, sont désormais arrêtés et mis en Centre de Rétention pour expulsion. Les conditions d'interpellation sont plus brutales et choquantes, coup de filet au facies dans les gares et métros, arrestations sur des lieux de travail, parfois après dénonciation. C'est cette pression et ce climat de peur qui a provoqué les nombreuses défenestration de sans-papiers suite à des perquisitions.

Ensuite, la surpopulation de centres qui à l'origine étaient conçus pour quelques dizaines de personnes. Il y avait aujourd'hui 138 personnes retenues au Centre 1 et 127 au Centre 2 de Vincennes. Déjà, les autorités avaient rusé avec la règlementation, puisque que chaque Centre ne peut accueillir que 140 personnes, elles ont créé 2 unités administratives mitoyennes. Il s'agit d'un Centre divisé formellement en deux , "contournant" ainsi la loi. Ces derniers jours, un des deux centres est passé de 80 à 140, ce qui a accru toutes les difficultés déjà existantes : sous-effectifs pour les soins médicaux, aucun suivi psychologique, personnels sous tension et peu formés, parfois apeurés, et de plus en plus aggressifs ou irrespectueux pour certains, face au nombre grandissant de personnes qu'il faut "contraindre". A cela on peut ajouter la durée des séjours, de plus en plus longs en moyenne. La loi permettait que la durée de retenue ne dépasse pas 12 jours, depuis 2003 on est passé à 32 jours, dans des centres qui n'ont pas changé et qui ne sont pas prévus pour cela. De plus, un sans-papier qui passe 32 jours là, qui est relaché car il n'a pas pû être reconduit dans son pays d'origine, peut être à nouveau arrêté quelques jours après pour un nouveau séjour en Centre de Rétention.

Conséquence directe de cette situation, le moindre incident peut déraper, c'est ce qui s'est passé le 31 décembre vers minuit quand les autorités du Centre ont décidé de faire un comptage (pour vérifier si tout le monde était là). Outre la provocation ressentie à juste titre par les retenus qui doivent être réveillés s'ils dorment, mais aussi pour ceux qui voulaient à ce moment là partager avec le reste du monde le moment du passage à l'année 2008, en regardant des feux d'artifice dehors ou à la télé, les mots et les gestes brutaux devant les réticences des sans--papiers, puis l'appel à des renforts qui sont intervenus promptement au lieu de chercher à faire baisser la tension (on m'a parlé de quelques coups de matraques et d'un blessé qui aurait été libéré le matin pour qu'il n'y ait pas de consignation à l'infirmerie), ensuite l'humiliation de répéter le comptage à 1heure puis à 3 heures du matin (chacun doit être réveillé, et laisser sa chambre fouillée). 

Ces Centres de rétention administrative constituent en fait un lieu carcéral sans en avoir les règles et le statut juridique. Comme les autres Centres de Rétention, leurs statuts sont hybrides, conçus dans l'urgence il y a de nombreuses années comme lieux temporaires, qui se sont pérennisés sans réelles discussions sur leurs statuts, sur les droits, sur les normes et les conditions de vie des retenus.Ils sont à l'image de la situation générales des sans-papiers dans notre pays "ni expulsables ni régularisables", symboles d'une hypocrisie du pouvoir qui joue avec des drames humains et un sujet dramatique et complexe par démagogie, souvent électoraliste, pour réussir durablement à fusionner les électorats de droite et d'extrême-droite comme à l'élection présidentielle. 

Il est temps d'avoir un vrai débat sur ces centres et de légiférer avec au coeur les principes humanistes et respectueux des droits humains que la France devrait s'honorer de défendre sur son propre sol comme dans le reste du monde. Cela commence par s'opposer avec force au projet de directive européenne qui prévoit d'étendre à 18 mois la durée de rétention des sans-papiers !  
                                                                                                                     

 

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Publié dans Société

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C
Juste une question simple....Pourquoi laisser des tels centres EXISTER simplement EXISTER?Pourquoi ne pas refuser de voter pour cette constitution refusée en 2005 ?Pourquoi avoir laissé Mme. Royal ou M. Strauss-Kahn, deux grands libéraux leaders du PS ?Où est la différence entre Sarkozy et Strauss-Kahn PRESIDENT du FMI.....Pourquoi le PS est-il allé sur le terrain de l'insécurité ? Pourquoi le PS ne défend-il pas les plus démunis? Pourquoi le PS votera-t-il la constitution refusée en 2005 pas 55% des français dont une TRES grande partie de gauche, ouvriers, chomeurs....Pourquoi le PS n'est-il pas descendu dans la rue avec les grèvistes en Novembre ?Pourquoi le PS accepte-il ou même promeut-il toujours plus de précarité pour les salariés et les précaires ?En une question Pourquoi le PS joue-t-il toujours le jeu de la droite ?
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R
Monsieur Assouline, je me contente d'un copier/coller tant le commentaire qui suit (visible sur le blog de Sébastien Fontenelle) me semble pertinent. Si pertinent que je pourrais le signer des deux mains…<br /> J'y ajoute tout de même un proverbe latin qui vous fera peut-être réfléchir (j'en doute mais sait-on jamais ?) : la pudeur ne s'enseigne pas, elle est innée. <br /> <br /> Voici donc le commentaire de Sébastien Fontenelle :<br /> <br /> " Aux bals de ceux qui nous prennent pour des cons oublieux, tu n'auras aucun mal à reconnaître les "socialistes": ils se déhanchent sous les boules à facettes, et jamais la honte ne leur éblouit les yeux.<br /> <br /> David Assouline est l'un d'eux.<br /> <br /> "Sénateur depuis octobre 2004, élu du XXème arrondissement de Paris depuis 1995", il "occupe aussi la fonction de Secrétaire National à la Défense du Parti Socialiste".<br /> <br /> Et il te raconte sur son blog: "Aujourd'hui 2 janvier 2008 à 14 h 30 j'ai exercé mon droit de visite, réservé aux parlementaires, du Centre de rétention administrative de Vincennes" <br /> <br /> Il précise que ce n'était pas la première fois, mais la "quatrième (...) depuis 2005".<br /> <br /> De cette quatrième visite, où il a bien évidemment découvert des choses terribles, David Assouline retient finalement que: "Ces centres de rétention administrative constituent en fait un lieu carcéral sans en avoir les règles et le statut juridique".<br /> <br /> Que: "Comme les autres Centres de Rétention, leurs statuts sont hybrides, conçus dans l'urgence il y a de nombreuses années comme lieux temporaires qui se sont pérennisés sans réelles discussions sur leurs statuts, sur les droits, sur les normes et les conditions de vie des détenus".<br /> <br /> Qu'"ils sont à l'image de la situation générale des sans-papiers dans notre pays "ni expulsables ni régularisables", symboles d'une hypocrisie du pouvoir qui joue avec des drames humains et un sujet dramatique et complexe par démagogie, souvent électoraliste, et réussir durablement à fusionner les électorats de droite et d'extrême-droite comme à l'élection présidentielle".<br /> <br /> David Assouline conclut - et c'est émouvant comme du Rocard, période toute-la-misère-du-monde: "Il est temps d'avoir un vrai débat sur ces centres et de légiférer avec au cr (sic) les principes humanistes et respectueux des droits humains que la France devrait s'honorer de défendre sur son propre sol comme dans le reste du monde".<br /> <br /> A la fin de l'envoi, il touche: "Cela commence par s'opposer avec force au projet de directive européenne qui prévoit d'étendre à 18 mois la durée de rétention des sans-papiers!"<br /> <br /> Les mots importants sont, dans cette longue péroraison: "Conçus dans l'urgence il y a de nombreuses années".<br /> <br /> Ces mots, tu l'auras noté, entretiennent un flou chronologique assez travaillé.<br /> <br /> Or, c'est amusant: les premiers centres de rétention administrative (CRA) ont été créés, tu sais quand?<br /> <br /> Il y a 24 "nombreuses années" - en 1984.<br /> <br /> Est-ce que le ministre de l'Intérieur s'appelait Nicolas Sarkozy, en 1984?<br /> <br /> Pas.<br /> <br /> Du.<br /> <br /> Tout.<br /> <br /> En 1984, le ministre de l'Intérieur s'appelait Pierre Joxe.<br /> <br /> Il était, par conséquent, "socialiste".<br /> <br /> Par la suite, "la durée maximum de la rétention", dont l'excellent David Assouline s'offusque aujourd'hui que la droite veuille encore l'augmenter, "n'a cessé de s'allonger", passant par exemple de 7 jours en 1981 à 10 jours en 1993, puis à 12 jours en 1998, sous le règne du cocasse Lionel Jospin, "socialiste" compétitif.<br /> <br /> Si je te résume le truc: les "socialistes" ont créé les CRA, puis les "socialistes" ont crânement allongé, non moins (du tout) que la droite, la durée de la rétention au sein de ces dignes centres.<br /> <br /> Et tiens, pour la route: vois ce "projet de décret relatif à la rétention administrative", soumis au Conseil d'Etat le 26 septembre 2000 par "le Premier ministre, sur le rapport du ministre de l'Intérieur", dont l'article 2 stipulait que: "Les étrangers mentionnés à l'article premier sont maintenus (...) dans des établissements créés, après agrément du ministre de l'intérieur et, le cas échéant, du ministre de la Défense, par le préfet territorialement compétent et dénommés "centres de rétention administrative" (...)".<br /> <br /> Dis-moi.<br /> <br /> Qui était à Matignon, en 2000?<br /> <br /> François Fillon?<br /> <br /> Ou Lionel Jospin, derechef?<br /> <br /> Est-ce que t'as entendu là-dessus, en 1998 ou en 2000, David Assouline, élu à Paris depuis 1995?<br /> <br /> Ou pas?<br /> <br /> Dans la vraie vie, les "socialistes" sont, comme la droite, partisans de "construire une politique de l'immigration", pour "apporter des réponses aux inquiétudes et surtout aux réelles difficultés que vivent nos citoyens dans des centaines de quartiers".<br /> <br /> (A partir d'ici, toutes les citations entre guillemets sont de Malek Boutih, et non de Brice Hortefeux, comme tu pourrais le penser.)<br /> <br /> Les "socialistes" veulent, comme la droite (et comme "Charlie Hebdo"), "mettre fin à la non-maîtrise des flux migratoires".<br /> <br /> Les "socialistes" veulent, "sans tabous", comme la droite, "sortir d'un simple rapport humanitaire et charitable avec l'immigration", par une "immigration (...) véritablement contrôlée et organisée".<br /> <br /> Etc.<br /> <br /> Etc.<br /> <br /> Evidemment, tout cela suppose et implique le remplissage régulier des CRA: c'est pour ça que les "socialistes", loin de réclamer leur fermeture immédiate, s'en accommodent si bien.<br /> <br /> C'est pour ça qu'ils réclament en tout et pour tout, pour donner l'illusion qu'ils s'opposent à la politique de Brice Hortefeux, un "vrai débat" - qu'ils n'ont bien sûr jamais organisé, quand ils étaient au pouvoir.<br /> <br /> Les "socialistes" veulent de plus longues chaînes, pour les détenu(e)s des CRA: c'est leur conception de l'"humanisme".<br /> <br /> Il faut l'énoncer posément: les "socialistes" ont, sur l'immigration, les mêmes vues, grosso merdo, que Sarkozy.<br /> <br /> L'unique différence est que la droite haineuse et revancharde, du moins, ne nous joue pas du violon pour nous faire croire qu'elle est gentille.<br /> <br /> Et tu sais quoi?<br /> <br /> Je préfère! "<br /> <br /> Qu'en dites-vous, monsieur le sénateur ?<br /> Croyez-vous longtemps tromper les pauvres cons que nous sommes ?
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D
Vous pouvez transmettre à Monsieur Fontenelle ce droit de réponse qui vous est aussi dédié, puisqu'il est impossible de poster un commentaire sur son blog.J’exerce mon droit de réponse à un « gentil » visiteur de mon blog… Monsieur Fontenelle,Vous avez donc exercé votre droit de visite de mon blog, mais vous n’avez lu que mon compte-rendu de ma visite au Centre de rétention de Vincennes mercredi dernier. Et là vous vous êtes dit : « alors qu’ils ne sont pas beaucoup à le faire, un parlementaire socialiste utilise son droit de visite depuis 3 ans pour informer les citoyens sur cette zone fermée de non-dit, pour faire pression sur les autorités quant aux conditions de détention des sans-papiers, je vais me le payer ! ». Logique, comme la malhonnêteté intellectuelle de toute votre démonstration. Logique comme votre conclusion, qui est un aveu : « Il faut l'énoncer posément: les "socialistes" ont, sur l'immigration, les mêmes vues, grosso merdo, que Sarkozy. L'unique différence est que la droite haineuse et revancharde, du moins, ne nous joue pas du violon pour nous faire croire qu'elle est gentille. Et tu sais quoi? Je préfère! ». En cela vous ne vous différenciez pas des staliniens qui dans les années trente pensaient que l’ennemi principal était socialiste, « social-traîtres » disaient-ils, avec les résultats pour l’histoire de l’humanité que l’on connaît.Vous préférez « la droite haineuse et revancharde » et c’est votre droit, mais alors cessez de donner des leçons à ceux qui la combattent réellement depuis toujours. Et oui, en parcourant ma biographie et mon blog, avec mes prises de position, mes combats comme militant associatif, comme historien puis comme élu municipal, mes interventions au Sénat depuis que je suis parlementaire socialiste, en particulier face à N.Sarkozy et Brice Hortefeux, vous auriez pu constater que loin de « jouer du violon », j’ai toujours eu une grande constance dans mon engagement contre le racisme et l’antisémitisme, la lutte pour l’égalité des droits entre français et immigrés, la défense des sans-papiers et la condamnation des Centres de rétention.  Et vous savez pourquoi Monsieur Fontenelle, parce qu’il s’agit là, pour moi, d’une boussole politique fondamentale, qui même quand je doute de tel choix, de telle position, même quand j’accepte tel ou tel compromis avec des orientations de mon parti que je n’approuve pas, là-dessus je suis intraitable. C’est comme cela, et c’est probablement lié à mon histoire. Je suis un immigré de la première génération, né au Maroc, marocain d’origine comme mes parents et tous mes ancêtres (bizarre d’ailleurs vos choix de cibles socialistes : Malek Boutih et moi). Mes parents ont recommencé leur vie en venant s’installer dans un meublé d’une cité à Creil où j’ai grandi. J’ai vécu la situation d’étranger, le racisme, le mal-être de l’exil, très tôt, j’avais 8 ans. Et depuis 30 ans, je suis de toutes les luttes en défense de l’immigration : marche pour l’égalité des droits en 83, fondateur de la coordination universitaire pour l’égalité des droits quand j’étais étudiants, fondateur du mouvement « faut pas décoder » contre la réforme du code de la nationalité et les lois Pasqua, mobilisations pour la régularisation des sans-papiers en 95-96 et contre la loi Debré, initiateur des premiers parrainage de sans-papiers à la Mairie du 20ème à l’époque, signataire dès l’origine de l’appel de RESF « nous les prenons sous notre protection ». En intervenant personnellement auprès du Préfet et en m’occupant du suivi de leurs dossiers, j’ai aidé à régulariser plus d’une centaine de sans-papiers depuis que je suis parlementaire (2004).Pour leurs vies, cela a changé beaucoup de choses. Parallèlement, mes études d’historien se sont concentrées sur l’histoire des immigrations en France et j’ai écrit et publié avec mon ami Mehdi Lallaoui une trilogie consacrée à transmettre un patrimoine nié de l’histoire sociale de notre pays. J’ai dès le début des années 80, avec constance et acharnement, milité pour mettre à jour le massacre des algériens à Paris le 17 octobre 61 (manifestations, expositions, conférences, films, livres) et j’ai eu la fierté de dévoiler les archives officielles du parquet de Paris faisant état des dizaines de morts noyés dans la Seine. Des manifestations, des écrits, des prises de parole, pour défendre les droits des étrangers en France, j’en ai fait des centaines. Je ne vous ferai pas l’injure de vous demander : et vous ?Voyez, monsieur, je n’ai pas « découvert des choses terribles », je les connais depuis longtemps et probablement avec plus de précision que vous, et j’en suis révolté avec la même intensité depuis ma jeunesse.Quant aux socialistes en général envers qui vous vouez une haine toute particulière : non monsieur, ils n’ont pas la même position que Sarkozy, même à l’époque où je n’étais pas membre de ce parti et que je n’en avais pas à assumer les positions et les actes (j’ai même manifesté sous Joxe…). Vous qui faites attention à la chronologie, pourquoi oubliez-vous que c’est aussi dès le début de la Présidence Mitterrand qu’il y a eu une régularisation générale des sans-papiers qui en faisaient la demande (plus de 200 000), et que c’est sous Lionel Jospin qu’il y a eu 90 000 régularisations de sans-papiers sur critères connus (pour se faire une idée des ordres de grandeur, il n’est pas inutile de rappeler qu’à l’origine en 2004, RESF chiffrait sa demande à une trentaine de milliers de régularisations en particulier pour celles et ceux dont les enfants étaient scolarisés en France). On peut au nom de la position consistant à demander la régularisation de tous les sans-papiers ne pas être d’accord avec la position officielle du PS qui propose la régularisation au cas par cas sur critères objectifs prenant en compte la durée de vie en France, le travail, la scolarisation des enfants ( dans les faits une régularisation massive mais non automatique), mais on ne peut pas dire que c’est la même chose que Sarkozy sans être dans le mépris absolu du sort réel des sans-papiers eux-mêmes.En ce qui me concerne, je suis pour une régularisation massive du type de celles effectuées en Espagne et en Italie (comme je l’ai écrit sur mon blog depuis longtemps), qui permette de faire rentrer dans le droit et la légalité les sans-papiers installés en France. Je suis pour consacrer l’énergie des forces de l’ordre à traquer les marchands de sommeil, les passeurs et les patrons esclavagistes, qui profitent de la misère et pas à faire du chiffre en pourchassant des travailleurs étrangers. A propos des centres de rétention, je répète ce que j’ai écrit et que vous semblez moquer : « Ces Centres de rétention administrative constituent en fait un lieu carcéral sans en avoir les règles et le statut juridique. Comme les autres Centres de Rétention, leurs statuts sont hybrides, conçus dans l'urgence il y a de nombreuses années comme lieux temporaires, qui se sont pérennisés sans réelles discussions sur leurs statuts, sur les droits, sur les normes et les conditions de vie des retenus. Ils sont à l'image de la situation générales des sans-papiers dans notre pays "ni expulsables ni régularisables", symboles d'une hypocrisie du pouvoir qui joue avec des drames humains et un sujet dramatique et complexe par démagogie, souvent électoraliste, pour réussir durablement à fusionner les électorats de droite et d'extrême-droite comme à l'élection présidentielle. Il est temps d'avoir un vrai débat sur ces centres et de légiférer avec au coeur les principes humanistes et respectueux des droits humains que la France devrait s'honorer de défendre sur son propre sol comme dans le reste du monde. Cela commence par s'opposer avec force au projet de directive européenne qui prévoit d'étendre à 18 mois la durée de rétention des sans-papiers ! »  En disant tout cela, je ne règle pas les questions : et avec ceux qui viendraient après une régularisation massive, que faisons-nous ? Est-ce qu’il y a un seul état au monde qui ne régule pas l’entrée et le séjours des étrangers dans son pays ? S’il peut y avoir refus d’un état à ce séjour pour vivre et travailler, que faire avec celles et ceux qui contreviennent à ce refus ? Si l’on respecte un peu les droits et les recours des refusés, et qu’il n’est pas question de faire des charters immédiats pour les renvoyer sans attendre, où doivent-ils être retenus ? Vous, comme moi, êtes confrontés à ces questions concrètes, et elles ne sont pas simples dans un monde où la grande majorité de la population vit dans la misère ou dans l’oppression et cherche à trouver des territoires plus riches et plus démocratiques pour vivre. Je pense que la seule solution durable est de tout faire pour que les populations puissent vivre dignement dans leurs pays, et consacrer une part essentielle de notre politique étrangère à favoriser le co-développement et la mise en valeur des ressources et des potentiels de développement économiques des pays pauvres. Cela passe déjà par cesser de piller leurs matières premières, à cesser de les étouffer avec le poids de la dette, à cesser de soutenir des régimes corrompus. Parfois, vous savez être précis, mais pour prouver l’inverse de votre thèse, par exemple quand vous dîtes : « Par la suite, "la durée maximum de la rétention", dont l'excellent David Assouline s'offusque aujourd'hui que la droite veuille encore l'augmenter, "n'a cessé de s'allonger", passant par exemple de 7 jours en 1981 à 10 jours en 1993, puis à 12 jours en 1998, sous le règne du cocasse Lionel Jospin, "socialiste" compétitif (4). Si je te résume le truc: les "socialistes" ont créé les CRA, puis les "socialistes" ont crânement allongé, non moins (du tout) que la droite, la durée de la rétention au sein de ces dignes centres. » Vous nous dîtes donc qu’après deux fois 5 ans de gouvernement socialiste, la durée de rétention s’est allongée de 3 jours, et qu’ensuite en 5 ans de gouvernement socialiste sous Jospin elle s’est allongée de 2 jours, mais que c’est une augmentation « non moins (du tout) » équivalente à celle de la droite qui en 2003 fait passer la rétention de 12 jours à 32 jours (soit 20 jours de plus) après une année de pouvoir, droite qui ne s’arrêtera pas là, et qui n’a pas encore dit ce qu’elle pense de la directive européenne prévoyant de passer à 18 mois comme en Allemagne. Pour vous paraphraser, « Aux bals de ceux qui nous prennent pour des cons », vous n’êtes pas en reste Monsieur Fontenelle. La droite qui a fait 4 lois en 5 ans pour restreindre tous les droits des étrangers en France, droit d’asile, droit de vivre en famille, qui chaque jour stigmatise l’immigration et ne cesse de contrôler et d’arrêter au faciès, la droite qui met en place les tests ADN, nous la combattons tous les jours avec les moyens démocratiques que nous avons. Vous la préférez, c’est votre droit, mais admettez qu’au pays des « gentilles » et des méchants dont vous parlez, vous avez choisi votre camp.Si vous n’avez pas peur de la contradiction et du débat, je vous demande de mettre en ligne sur votre blog ce droit de réponse que j’exerce ainsi. David ASSOULINE (lundi 7 janvier 2008)  
B
Il est utile de rappeler que les centres de rétention ont été créés en 1984 par Pierre Joxe, ministre de l'intérieur sous Mitterand, et les centres de rétention administrative en 2000 par Lionel Jospin, premier ministre. C'est le même Lionel Jospin qui fit passer la durée de rétention de 10 à 12 jours dans les centres de rétention en 1998.On consultera avec intérêt les sites du GISTI et de la LDH à ce sujet.
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B
Merci, Monsieur, de faire ce travail, guère médiatique ! Merci aussi d'en rendre compte. D'autres infos sur le mouvement et les réactions (malheusement trop rares de la part des politiques !) : La visite de RESF au CRA de Vincennes
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